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Communiqué de presse

Les Echos n° 19454 du 12 juillet 2005 • page 20

Entreprises : Intelligence économique : la profession se dote d'une fédération indépendante 

Sous la présidence de l'amiral Lacoste, la Fédération des professionnels de l'intelligence économique (Fépie) s'est pourvue d'une charte éthique et veut se différencier des professions réglementées, en particulier celles de la sécurité.

Petit à petit, le secteur de l'intelligence économique continue de se structurer en France. Plus de dix ans après le rapport Martre, les professionnels qui ont fait de la maîtrise et de la protection de l'information stratégique leur spécialité ont décidé de se regrouper dans le cadre d'une fédération indépendante des pouvoirs publics - la Fépie -, dont les statuts provisoires doivent être déposés aujourd'hui. « La raison d'être de cette fédération est de promouvoir la visibilité et une image positive des métiers de l'intelligence économique », a déclaré l'amiral Lacoste, ancien de la DGSE, qui en assure la présidence pour une période transitoire de dix-huit mois.

« Dans le cadre de ma mission, il est apparu très rapidement que la profession travaillait de manière dispersée. Ce qui pour l'Etat rendait les négociations difficiles », a rappelé hier Alain Juillet, haut responsable à l'intelligence économique de l'Etat (il a été nommé à ce poste fin 2003 par Jean-Pierre Raffarin). Une cinquantaine de professionnels représentant des sociétés, des associations et de nombreux consultants sont ainsi à l'origine de cette fédération. Point d'orgue de la naissance de la Fépie : la publication d'une charte d'éthique, de huit articles, condition nécessaire à toute adhésion et par laquelle ses membres s'engagent notamment à « n'avoir recours qu'à des moyens légaux » et à ne pas « porter atteinte aux intérêts vitaux de la France ». L'intelligence économique ne saurait en effet franchir la ligne jaune des activité illégales, a insisté Alain Juillet, écartant les comportements de type « Rambo consulting ».

Définir les frontières

Alors que, pour certains, la publication d'un code d'éthique est le signe d'une profession qui se cherche encore, la fédération devrait permettre de bien en définir les frontières. Une des limites claires tient notamment aux professions réglementées, en matière de sécurité, a précisé l'amiral Lacoste, qui n'a toutefois pas caché la difficulté de faire le distinguo. Un annuaire de la profession devrait également voir le jour. Autre objectif poursuivi, définir les différents métiers spécifiques de l'intelligence économique. Pour cela, la fédération s'organisera autour de quatre comités (« veille », « conseils et études à valeur ajoutée », « formateurs » et « éditeurs de logiciels spécialisés »). A ce titre, elle n'exclut pas de contribuer à la certification des formations en intelligence économique, qui se sont énormément développées ces derniers mois.

« Le métier de l'intelligence économique fait encore l'objet de jugements mitigés de la part des clients. Tout ce qui concourt à crédibiliser la profession est donc une bonne chose », a réagi Pierre-Antoine Lorenzi, directeur de Serenus Conseil. S'il applaudit à la naissance de la Fépie, il n'est pas sûr, néanmoins, qu'elle lui apporte quelque chose.

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